

BIO
Étienne Kawczak-Wirz est un artiste et compositeur français. Il développe une pratique résolument pluridisciplinaire, qui s’articule plus particulièrement, depuis ces trois dernières années, autour de l’animation 3D et de la musique.
Son travail explore les thèmes de l’aliénation technologique, de la désobéissance comme acte de survie, et du retour à une essence plus sauvage et créative.
À travers ses films tels que Bedroom, Noise ou Désolation Verte, il rend pénétrables des architectures mentales, reflets d’un onirisme inquiet, où se croisent des figures qui semblent en état de survivance. En 2023, il sort un EP éponyme sous le nom Zone Minor Modification, Un son hybride, nourri de références anciennes et contemporaines, à la croisée d’une essence organique et électronique.
En parallèle de sa pratique personnelle, il co-fonde en 2019 le studio Unexplored Fields, dédié à la création digitale, et spécialisé dans la production de contenus 3D pour les secteurs de la mode, de la musique et du spectacle vivant.
NOTE D'INTENTION
"Il m’a fallu un certain temps avant de pouvoir affirmer que la notion de refuge était le thème central qui irrigue mon travail. Le refuge, dont l’illustration la plus immédiate semble être la cabane, est selon moi l’un des grands symboles des bouleversements en cours. La cabane, c’est à la fois un objet de fascination pour les enfants, théâtre des vagabondages de l’imaginaire, lieu hétérotopique par excellence où l’on se réfugie pour jouer ou se consoler, improvisé avec deux bouts de bois et une couverture. C’est également l’habitat des populations les plus en lien avec la nature, l’habitat fondamental, archaïque, le plus souvent provisoire, nomade, auquel ont également recours les âmes aventurières pour survivre en milieu sauvage. On tente de s’y protéger des intempéries et des surgissements de la faune. C’est aussi un habitat de crise, on en construit sur des terrains vagues, sous les ponts, sur des ronds-points pour manifester dans la durée, ou pour se reloger provisoirement après une catastrophe naturelle. Il suffit de sortir des rues commerçantes des villes pour croiser des campements de fortune habités par des personnes qui ont dû fuir leur pays, qui survivent dans l’indifférence. C’est en outre un habitat qui s’inscrit dans une logique de décroissance, un retour à la cabane est peut-être écologiquement à souhaiter. C’est peut-être aussi parfois, pour peu que l’on s’autorise à verser dans le romantisme, le miroir de l’usure humaine, symbole mélancolique, comme la ruine. Le refuge est aussi le lieu de l’intime, souvent nécessaire pour mieux retrouver l’autre, mieux supporter son altérité fondamentale".